L'exposition Rêve Electro à la Philharmonie de Paris

Aucun lieu n’avait encore rendu hommage aux musiques électroniques, jusqu’aujourd’hui, la Philharmonie l’a fait. L’exposition-événement "Rêve Electro : De Kraftwerk à Daft Punk" a démarré le 9 avril et on vous dit tout !

  • Samantha Bort

    Auteur

    Rédaction OUI.sncf

  • Mis à jour le

    07/05/2019

  • Destination

    Paris

C’est l’exposition à plus de 130 BPM ! Un défi de taille dans cet établissement de renom. La Philharmonie de Paris consacre une rétrospective à l'électro, en pleine explosion : "de Kraftwerk à Daft Punk", une expérience de plus de deux heures, pour s'immerger dans les prémisses du synthétiseur. Vous allez tout savoir sur la musique qui fait danser toute la planète, depuis 30 ans. Une excellente raison de prendre le train pour Paris et de voir les expos du moment !

L'exposition grandeur nature qui fait rêver l'Electro du 9 avril au 11 août

© Istock - shironosov

Terrain de jeu musical

© Istock - Shootdiem

Un point commun entre Laurent Garnier, Daft Punk, Kavinsky, Mr Oizo, Jean-Michel Jarre… ? Ce sont les DJ de la French Touch. Ce sont tous des précurseurs de la techno en France ; ils ont marqué le monde de la nuit, ils ont inventé des samples que nous avons tous eu en tête à un moment donné. La Philharmonie rend hommage à ces artistes en particulier et tente de démocratiser un genre musical devenu universel. Et si aucun d'entre eux ne vous parle, l'expo permet de les faire connaître au grand public.

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© Istock - Chalffy

Une exposition historique

La Philharmonie de Paris a l'habitude de mettre à l'honneur les compositeurs majeurs de l’histoire… Cette fois-ci, les compositeurs sont à la pointe de la technologie. Contrairement aux idées reçues, le genre électro prend ses marques à la fin du XIXème siècle, déjà Elisha Gray et Graham Bell expérimentent l'electromusical piano et la harpe électrique en 1876 ! Le singing arc de William Du Bois Duddell fût l'un des premiers outils à bruitages (1899). Le parcours du visiteur est ponctué de modèles de ces outils pionniers du genre, vous y trouvez des maquettes de taille, parfois insolites, comme une reproduction du Berghain, ce haut lieu de de la Techno à Berlin depuis 2004 (élu meilleur club au monde en 2009).

Exposition-expérience

ashworth valley, Rochdale, 5 août 1989, organisé par les gio goi boys - © DPA / Photononstop

A contre-courant des expositions classiques – à l'atmosphère lumineuse, aux néons blancs, et à apprécier dans un silence religieux – l’expo est plongée dans le noir. Seuls les néons, la lumière stroboscopique et les spots éclairent le public à mesure des basses. Philharmonie oblige, la musique est bel et bien sa ligne de conduite. L'artiste Laurent Garnier signe une playlist de 11 titres événementiels (en tout 5h30 d' house, techno, bass music et disco) qui sert de fil rouge le long du parcours. Le système son SONO de la Philharmonie vous réserve une expérience sensorielle inédite.

Jamais la B.O. n’est perturbée par les sons ambiants, le visiteur est immergé, équipé d’un casque audio personnel (sorte d’audio guide) qu’il branche sur les prises jack disposées un peu partout pour visionner les clips et les films projetés sur les écrans.

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Des imaginaires sonores et visuels

Ici, pas de progression de salle en salle, mais plutôt le choix de déambuler de droite à gauche et d’y revenir au détour d’un son plaisant. La visite est répartie autour de cadres, qui représentent soit une période de la création, un genre bien particulier ou un artiste. Quelques thématiques abordées par exemple :

- L’émancipation des queer

- Le courant LGBT

- La communion entre les corps

- La répression des fêtes libres

- La synergie entre l’homme et la machine

- Le culte du vinyle etc.

Autant d' "imaginaires" sonores et visuels qui correspondent aux différentes facettes de la sphère Electro. 

Les villes pionnières sont prises comme un point de départ : Detroit, Berlin ou Chicago. Et autour, se dessinent les courants multiples de création (depuis le disco venu de New York en 1970, en passant par les free party en Angleterre, et la house en provenance de Detroit...)

Rétrospective en Rave Party

© Istock - wundervisuals

Contre-courant artistique

L'exposition retrace l’histoire de la musique électronique, des années 1960 à aujourd’hui : elle fait un arrêt sur image sur sa dimension actuelle universelle dans nos vies.

La musique électronique est à l'apogée d'une vaste culture aux courants multiples. Elle a permis de mettre en lumière les Disc Jockey, les vinyles et le matériel digital dédié au mixage. Un nouveau monde des possibles s'ouvrait aux DJ de l'époque, portés par une idée visionnaire, futuriste et humaine, à travers celui de faire danser les foules.

Depuis 2010, elle s’est imposée comme une tendance culturelle majeure. Un véritable mouvement de contre-culture, teintée d'une dimension politique, pendant les raves des années 1990.C'est donc au delà d'un style de musique, le reflet des mutations de nos sociétés que retrace l'électro. Puis, la musique techno s'est démocratisée dans les clubs du monde entier, dès les années 2000, jusqu'à se commercialiser dans les plus gros festivals du monde.

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Les artistes de l'expo : un courant underground

Il y a bien dans cette expo un parti pris : celui de rester "Underground" et de contourner l'EDM (Electronic Dance Music) qui regroupe pourtant des artistes très célèbres dans la sphère électro. Le sous-titre "De Kraftwerk à Daft Punk" annonce également la couleur du registre choisi. Honneur alors à des artistes comme Robert Moog, Jean-Michel Jarre, Juan Atkins, Andreas Gursky, Peter Boettcher, Rineke Dijkstra, Peter Keen, précurseurs de la house, à cette occasion.

Les oeuvres techno de Jeff Mills, Richie Hawtin Benga, Jacques, Molécule et DJ Lag inscrivent cette culture musicale dans le présent. L'objectif de cette exposition est surtout d'attester que ces musiques ont leur place dans un musée.

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  • Philarmonie de Paris
  • 221 avenue Jean Jaurès
  • 75019
  • Paris
  • France
  • 01 44 84 44 84
  • Horaire d'ouverture : Ouvert de 12h à 18h du mardi au jeudi, de 12h à 20h le vendredi et de 10h à 20h les week-ends. Fermé les 10 et 11 novembre, le 25 décembre 2018 et le 1er janvier 2019
  • Infos prix : Visites guidées les samedis, dimanches et tous les jours pendant les vacances scolaires, de 11h à 12h.
  • Comment s'y rendre ? Venir en métro : ligne 5 ou tram, station Porte de Pantin.

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