Le Potager du Roi à Versailles

A quelques pas du Château de Versailles, le Potager du Roi cultive encore le goût de l’excellence et de l’expérience : des arbres fruitiers aux légumes oubliés, ils alimentaient la table du roi et nourrissaient la Cour. Visite guidée.

  • Laurianne Barbier

    Auteur

    Rédaction OUI.sncf

  • Mis à jour le

    22/05/2017

  • Destination

    Versailles

Pour la petite histoire…

Le jardinier, Jean-Baptiste de La Quintinie

Crée par Louis XIV pour alimenter la Table du roi, le Potager fut confié à Jean-Baptiste de La Quintinie.

La trajectoire de cet homme est pour le moins surprenante puisque juriste de métier, il se prit de passion pour les jardins en visitant les jardins italiens lorsqu’il était précepteur de Jean Tambonneau, fils du président de la Cour des Comptes. Il acquit une belle notoriété dans le domaine horticole qui lui valut d’être appelé à travailler pour les grands de la Cour du roi, dont le célèbre Fouquet à Vaux-le-Vicomte.

Après la disgrâce de Fouquet, La Quintinie passa au service de Louis XIV. Il s’occupa tout d’abord de l’ancien potager de Louis XIII puis fut responsable des jardins royaux ainsi que des arbres de l’Orangerie, construite par Mansart. En 1678, il entreprit la création d’un nouveau potager, dont l’emplacement n’a pas bougé jusqu’à nos jours.

Le choix du lieu

Le potager avait alors une situation presque idéale puisque située entre les Ecuries (fournisseurs de matière organique nécessaire à la croissance des plantes) et les Grands Communs du château (la cuisine de l’époque). L’enjeu était de taille car il fallait d’abord assainir le site : le potager était installé dans une zone marécageuse appelée « Etang puant » et les terres trop humides pour la culture. On transporta de la bonne terre des collines de Satory, on draina le sol. Cinq années de travaux furent nécessaires.

Le potager occupait environ 9 hectares et était subdivisé en 4 grands carrés de légumes disposés autour d’un grand bassin. Autour, d’autres jardins clos abritaient les arbres fruitiers conduits en espaliers (adossés à un mur) ou en forme libre. Surplombant le jardin, une terrasse permettait aux courtisans de se promener tout en observant les jardiniers à l’ouvrage. Les jardiniers passaient sous la terrasse par un système de tunnels pour accéder aux autres jardins.

L’objectif était à la fois de fournir en légumes et en fruits de qualité la table du roi, mais aussi de servir de terrain d’expérimentation. On essayait d’acclimater des espèces provenant d’autres cours ou rapportées par les Jésuites de leur voyage : petits pois, melons, figuiers… Louis XIV raffolait des figues. La Quintinie créa une figuerie de plus de 700 arbres pour contenter le roi. Il y avait également une cinquantaine de variétés de poires et une vingtaine de pommes, 16 sortes de salades différentes, des espèces pour chaque saison. La Quintinie faisait des prouesses pour obtenir des légumes à contre-saison. On utilisait les fumiers frais des écuries, on jouait avec les expositions, on utilisait abris de verre et cloches pour garder la chaleur.

Le Potager du Roi aujourd’hui

Le plan a peu changé depuis son origine. Il fait désormais partie intégrante de l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage. On y cultive 400 variétés de pommes et de poires, environ autant de légumes qui produisent 40 tonnes de fruits et légumes à l’année, une belle récolte qui est écoulée à la boutique du Potager ou transformée en confiture de saison également commercialisée sur place.

Le Potager est le premier conservatoire de forme fruitière, expérimente la permaculture et la lutte intégrée qui donne quelques curiosités à découvrir en se promenant comme ces abris à perce-oreille pour lutter contre la prolifération des pucerons ou ces bâtonnets libérant des phéromones perturbateurs pour les vers à fruit.

Tous les week-ends, les visiteurs peuvent participer à une visite guidée proposée par les jardiniers ou les étudiants de l'Ecole du paysage. On comprend mieux l'histoire de ce potager tricentenaire, la forme des arbres qui se développent ici à l’horizontal et non à la vertical, pourquoi on trouve des carottes blanches et quel est le goût de quelques rares variétés de pomme. On repart avec un panier de légumes et de fruits d'antan...

Infos pratiques

Le Potager du Roi est ouvert toute l’année du mardi au vendredi de novembre à mars (et les samedis de 10h à 13h en novembre et décembre), du mardi au dimanche d’avril à octobre.
Fermé le 1er mai.

Horaires d’ouverture : 10h-18h

Visites commentées d’1h, départ à 11h, 14h30 et 16h les week-ends et jours fériés d'avril à octobre. Présentez-vous à la boutique 15 mn avant le départ de la visite.

Tarif : 4,50€ l’entrée (la semaine) en haute saison, 3€ en basse saison (novembre-mars), 7 € les week-ends et jours fériés (inclus la visite commentée), gratuit pour les moins de 12 ans.

Le premier week-end d’octobre, découvrez « les Saveurs du Potager du Roi ». Au programme, un grand marché de petits producteurs, des visites guidées, des rencontres thématiques, des ateliers…

Comment venir ?

Pour venir au Potager du Roi à partir du château, il faut compter de 10 à 15 mn à pied en passant par la Cour des Senteurs, le quartier Saint-Louis. Le parcours est extrêmement bien indiqué et cela permet de découvrir quelques monuments historiques de Versailles, par exemple la Salle du Jeu de Paume.

Le Potager du Roi
10 rue du maréchal Joffre
78000 Versailles
Tél. : +33 (0)1 39 24 62 62

 

  • 10 RUE DU MARECHAL JOFFRE
  • 78000
  • VERSAILLES
  • FRANCE

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