L'exposition "L'Orient des peintres, du rêve à la lumière" au musée Marmottan

Rendez-vous du 7 mars au 21 juillet 2019, au musée Marmottan, pour un retour en Orient des peintres emblématiques tels que Landelle, Vallotton, Migonney, Bernard ou encore Matisse. Les expos du Musée présentent toujours une facette innovante de l'art moderne..

  • Auteur

    Rédaction OUI.sncf

  • Mis à jour le

    06/03/2019

  • Destination

    Paris

Le musée Marmottan Monet présente du 7 mars au 21 juillet 2019 un voyage en Orient, autour de l’exposition temporaire « L’Orient des peintres, du rêve à la lumière ». Ce Musée des Beaux Arts de Paris retrace un pan de l'histoire orientale et les prémisses de l'art islamiste et abstrait. Mise en lumière sur des oeuvres de peintres français qui ont voyagé en Orient...

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L'exposition temporaire du Musée Marmottan

Debat Hammam expo orient
Edouard Debat Ponsan - Le massage scene de hammam - © Musée Marmottan - Edouard Debat

Portraits de femmes et paysages d'Orient - L'Orient rêvée

50 tableaux représentatifs de l'Orient sont exposés pour cet évènement éphémère du musée. On met en lumière l'Orient en tant que territoire d'inspiration, à travers les âges dans cette exposition temporaire. C'est un nouveau regard sur l'Orient, qui a transformé la peinture classique vers l'abstraction, à travers le prisme de la couleur... Ce que dévoilent les peintres européens c'est comment une visite de l'orient fantasmé s'est transformé en un voyage initiatique...

Cette exposition temporaire complète le parcours artistique du Musée, avec les expositions permanentes du propriétaire, Paul Marmottan, et objets d'art du Premier Empire principalement. De nombreux peintres européens, portés par la conquête napoléonienne, ont fantasmés de tout temps sur l'Orient avant de réaliser leur rêve en y faisant le voyage, parfois les peintres l'on seulement imaginé. Il s'agit essentiellement de portraits féminins et de paysages de cet Orient méditérannéen.

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La petite Baigneuse de Jean Auguste Dominique Ingres
La petite Baigneuse (harem) de Jean Auguste Dominique Ingres; huile sur toile, (1780-1867) - © RMN - Grand Palais - Michel Urtado

Un fantasme idéalisé

Le fantasme et la lumière sont deux pôles distinctifs des peintres à travers cet Orient rêvé. Entre la beauté de l'odalisque pris pour fantasme, et la lumière dissoute des paysages existants.

Les artistes ne font pas d'orientalisme. Les idées de l'Orient permettent l'élaboration de peintures qui ne sont que des créations artificielles de l'esprit, en d'autres mots on peint des fantasmes.

Landelle, Delacroix, Gérôme peignent des portraits et silhouettes de femmes orientales, or il s'agit souvent de femmes blanches déguisées, de montages picturaux, de quoi faire perdurer le mythe de la femme brune arabe.

Expo Orient Matisse odalisque
Henri Matisse - Odalisque à la culotte rouge - © Musée Marmottan - Henri Matisse

La figure féminine

L'Orient est indissociable du fantasme lié à la figure de la femme. Une figure de femme de harem appelée odalisque nourrit les peintures modernes d'Ingres, de Delacroix, de Landelle, d'Édouard Débat Ponsan ou Gérome.

On les retrouve au début de l'expo, Ingres immortalisant la Grande Odalisque (ndlr. femme de harem), Delacroix et Chassériau apportent une vision plus réelle mais non moins classique des pays orientaux.

Ingres dessina une femme de harem qu'il n'a jamais vu, puisqu'il n'est jamais allé en Orient. Mais déjà on suppose qu'il aurait regardé une photographie pour la dessiner au crayon. Fasciné par Ingres, Jules Flandrin réalisa une copie de l'odalisque, exposée au Louvre. Pour rendre cette copie picturale plus sensuelle, le dos est allongé, presque déformé et les détails d'Ingres sur le bois sculpté et les ornements diffèrent de la peinture. On est à l'orée de la photographie contemporaine.

 

Chasseriau expo Orient
Theodore Chasseriau - Danseuses marocaines - © Musée Marmottan - Theodore_chasseriau

Delacroix partant de l'idée que la sensualité est une affaire de couleurs, peigna d'une façon éclatante et fluide sa propre vision de la femme d'Orient. Pourtant elle aussi éloignée de la réalité, Coro, par admiration, s'est aussi appuyé de son style pour peindre ses propres bustes de femmes d'Alger, qui s'avérèrent être des créations artificielles à partir d'une idée de l'Orient. Le mythe perdure avec Charles Landelle, qui lui, se servit de faux modèles pour ses portraits montés. Il y associait de vrais souvenirs pour créer, de couleurs vives, une image originale et extravagente de l'Orient.

Gérome peignant ses Beautés du hammam, mit surtout en valeur la mosaïque bleue mythique en toile de fond des scènes de vie. Edoaurd Débat Ponsan le suivit, c'est comme si la pâleur abstraite du corps de l'Olympia Grecque, contrastait la couleur plate et vive des matériaux du mur. Ce sont ses mosaïques, les véritables stars du tableau au détriment du modèle.

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Le Bain Turc d'Edouard Vallotton
Le Bain Turc de Felix Edouard Vallotton (1865) - © Photo RMN - Thierry Ollivier - Représentation de Sidi bou Said

Un véritable voyage initiatique

L'expérience du paysage et des scènes de la vie quotidienne en plein air sont aussi mises à l'honneur. Il apporte une connaissance de l’architecture orientale, et des arts décoratifs, dans une harmonie entre les corps et l'ornement abstrait.

De nouveaux paysages lumineux de l'Orient font leur apparition et induisent donc des spectacles naturels nouveaux et inconnus, ils permettent un renouvellement du spectre de la couleur. Les couleurs un peu plus lumineuses et s'émancipent.

Eugène Fromentin peigna les paysages du Sahara, propices à une chaleur destructrice. Dans "Le Pays de la Soif", il fait le récit de l'expérience de l'aveuglement, il perdit la vue et raconte alors ce qu'il y voit, un faisceau de lumière blanche, puis bleue, se dissipant vers le noir absolu.

 

Fromentin pays de la soif expo orient
Eugène Fromentin - Pays de la Soif - © Musée Marmottan - Pays de la Soif

Les modulations d'ombres et de lumière, au même titre que son histoire, disparaissent de ses oeuvres. La palette de couleurs se réduit également vers une lumière plus naturelle, pure, écrasante mais douce pour l'oeil. Bompard aussi montre par sa peinture, que l'orient c'est la couleur et la non-couleur à la fois. C'est surtout une modernité sur la couleur et la géométrisation que les paysages apportent.

Géométrisation d'Orient

Le voyage en Orient est l'une des voies privilégiées de la modernité. Elle apporte aux peintres une connaissance du terrain. Surpris par les émotions scripturales en Orient, Matisse et ses préceptes font une expérience visuelle radicale qui réinvente chez eux, comme chez Lazergue, qui lui, adopta un mode de vie nomade en Algérie, une nouvelle manière de peindre. Ils trouvèrent de plus en plus leur voie. Les formes peintes sont géométriques, plates, voire minimales dans les scènes de paysages d'Albert Marquet notamment.

La pratique de la peinture classique tend globalement vers la géométrisation. C'est la naissance et l'origine de l'abstraction, représentée par Kandisky surtout.
 

Maurice Bompard - Une rue de l'Oasis de Chetma
Maurice Bompard - Une rue de l'Oasis de Chetma (1789) - © Musées de Marseille / Photo Jean Bernard

Sènes de vie en couleurs

Il y a les vrais voyageurs, comme Meunier, qui découvra en Alger la Blanche, une simplicité et une monochronie parfaites. Mais il n'y a pas besoin d'avoir une connaissance de l'art oriental pour s'imprégner des arabesques décoratives et féminines dans la couleur. On s'oriente vers l'espace pur et moderne de la peinture.

Dans les oeuvres de Migonney, les céramiques et les carreaux orientaux font émerger un nouvel espace bi-dimensionnel dans lequel la figure féminine reprend, sa place, au centre.

La démarche est inverse de celle de Renoir, on retravaille la lumière pour le paysage. Des pictogrammes de couleurs remplissent la toile comme dans le "Ravin de la Femme Sauvage" de Renoir. Des paysages de Fromentin ou de Lazerge sont aux prémices de l’art moderne, des impressionnistes et néo-Impressionnistes, de Klee, la couleur se libère peu à peu de l’exactitude photographique. 

Mer Calme d'Alebert Marquet - COUV Expo orient marmottan
Mer Calme d'Albert Marquet (1875) - © Photo RMN - Thierry Ollivier - Représentation de Sidi bou Said
Vassily kandinsky - Oriental
Vassily kandinsky - Oriental (1909) - © Photo CNAC MNAM Dist. RMN

Jusqu'à la "Oriental" (1905) de Kandisky, une représentation de la ville arabe qui peut s'apparenter à une toile de fond. La géométrie islamique conduit l'artiste à épurer ses œuvres orientales vers une explosion de couleurs et participe alors au passage vers une référence nouvelle, l'abstraction.

Enfin l'Orient disparaît, de façon emblématique, pour ne rester qu'une part de rêve, notamment dans "Le Bain Turc" de Valloton. Les formes géométriques se simplifient vers un espace plus plat et des insertions scripturales dénotent avec l'Orient (à l'image du Teckel dans l'oeuvre de Valloton).

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Le musée Marmottan Monet

Le Musée Marmottan Monet, ancien pavillon de chasse, fût acheté en 1882 par Jules Marmottan. Son fils Paul hérite de la maison et y collectionne des objets d’art et des tableaux Premier Empire. Après sa mort, cela devient le musée Marmottan en 1934. Les donations se succèdent et le musée devient la plus importante collection au monde d’œuvres de Claude Monet, à laquelle s'ajoutent des tableaux de Berthe Morisot, Edouard Manet, Edgar Degas, Auguste Renoir...

La pièce maitresse du musée est Impression, Soleil levant de Monet, le premier tableau impressionniste !

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Monet - Impression Soleil Levant
Monet - Impression Soleil Levant (1872) - © Exposition Peindre l'Impossible - Claudine Collin - Musée Marmottan

Les peintres les plus connus du monde

Gérôme et Landelle, Ingres, Delacroix, Vallotton, Migonney, Matisse ou encore Paul Klee sont mis à l'honneur dans cette exposition. Les oeuvres proviennent de collections européennes et américaines, d'établissements publics et privés :

  • Du musée du Louvre
  • Du musée d’Orsay
  • Le musée des Augustins de Toulouse
  • La Städtische Galerie im Lenbachhaus de Munich
  • La collection Thyssen-Bornemisza de Madrid
  • Le Rijksmuseum d’Amsterdam
  • Le Sterling and Francine Clark Art Institute de Williamstown.

Une multitude d'espaces artistiques, qui continuent de faire rêver l'Orient des peintres Européens, du 19 et 20ème siècle.

Eugene Delacroix - Mort de Sardanapale
Eugene Delacroix - Mort de Sardanapale (1827) - © RMN - Grand Palais - Adrien Didierjean
  • Musée Marmottan Monet
  • 2, rue Louis-Boilly
  • 75016
  • Paris
  • France
  • Horaire d'ouverture : Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h (20h jeudi)
  • Comment s'y rendre ? Métro : lignes 9 / Stations : La Muette RER : lignes C / Stations : Boulainvilliers Bus : lignes 22, 32, 52, 63, PC

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