Travailler : le phénomène des retraites pour Digital Nomads

Digital Nomads : c’est par cet anglicisme qu’on qualifie toute une nouvelle génération de travailleurs du numérique. Ces nomades digitaux sont de plus en plus nombreux, et leur cohorte devrait encore grossir dans les années à venir.

  • La Rédaction OUI.sncf

    Auteur

    OUI.sncf

  • Mis à jour le

    26/08/2019

De quoi s’agit-il exactement ? De travailleurs du web, capables d’exercer partout. De jeunes dont la position géographique n’a aucun impact sur le travail. Mais s’ils travaillent en ligne et à distance, ces nomades sont néanmoins à la recherche de communautés. Ça tombe bien : le phénomène des retraites, qui se développe de plus en plus, répond précisément à ce besoin.

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L’expression « digital nomads » est née à la fin des années 1990 : c’est le titre d’un livre précurseur, qui décrivait par le menu la venue prochaine d’une nouvelle espèce de travailleurs, indépendante, flexible, et capable, grâce aux nouvelles technologies, de travailler où bon lui semble.

Depuis les années 2010, le nombre de digital nomads a explosé, et leurs occupations préférées sont désormais connues de tous. Ces nomades 2.0 adorent le yoga, le surf, les acaï bowls, le soleil, le café… et le travail ! C’est donc dans les espaces de travail partagés de Bali, de Thaïlande ou de Medellin qu’on les retrouve en masse.

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Mais ces voyageurs d’un nouveau genre aiment aussi l’Europe : Lisbonne et Budapest sont leurs destinations favorites sur le vieux continent. Généralement, ces nomades passent quelques semaines (rarement plus de trois mois) dans un endroit, puis vont voir ailleurs. Pour changer d’air, ou simplement pour renouveler un visa.

Mais ce style de vie peut s’avérer usant : changer de colocataires, trouver ses marques, sauter d’un avion à l’autre… on a connu des vies plus calmes !

C’est pourquoi le phénomène des retraites est en pleine explosion. C’est l’occasion, pour ces travailleurs nomades, de se plonger dans une petite bulle de tranquillité et de douceur. Et en la matière, la France n’est pas en reste. C’est dans le Perche, en pleins champs, qu’on trouve même l’une des références du genre : La Mutinerie Village.

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La Mutinerie, c’est une grande bâtisse et une petite grange reconvertie en atelier. C’est un espace de travail, un lieu de vie, un jardin potager… Bref, l’endroit idéal pour travailler tout en se ressourçant, et pour se focaliser sur le boulot sans s’énerver. Difficile de stresser quand les réunions sont interrompues par le bruit des oiseaux, et quand les repas sont à base de légumes locaux, pas vrai ?

Certains viennent ici seuls, profiter de l’isolement et du calme pour avancer sur leurs projets. D’autres s’en servent de lieu de réunion, comme cette équipe de développeurs que nous avons croisée en mai dernier.

« On travaille en full remote – l’entreprise n’a pas de bureau, tout le monde travaille à distance – donc on se retrouve une fois par mois », explique son fondateur. Venir ici, c’est donc l’occasion d’échanger en direct, et dans un environnement à la fois apaisant et neutre.

Les retraites pour nomades connaissent un engouement à l’international, à tel point que les entreprises créant des séjours sur mesure se multiplient : Wifi Tribe, Hacker Paradise, Nomad House et bien d’autres proposent leurs services.

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L’idée : sortir de son quotidien, rencontrer d’autres personnes et créer des liens pour avancer dans le travail. Car même chez les indépendants, l’union fait la force. Ceci dit, cette approche « voyage organisée » n’est pas du goût de tous.

Nicolas, habitué de La Mutinerie, explique : « J’ai fait quelques retraites de ce genre, mais ce n’est pas ce que je recherchais. » Une ambiance trop « vacances », des activités par dizaines… La déconnexion était bel et bien au rendez-vous mais pas la tranquillité. En effet, pour ça, le Perche semble une meilleure idée que les plages de Cancun ou Tel Aviv !

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